Journées du patrimoine 2011

Visite du lycée François Pétrarque
mercredi 14 septembre 2011
par  administrateur

JPEG - 54.2 ko

Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1989, le lycée agricole de Cantarel, à Agroparc, aujourd’hui nommé Lycée François Pétrarque, a été construit de 1966 à 1969 à la demande du Ministère de l’Agriculture par l’architecte Roland Bechmann assisté de François Girard, et de deux architectes avignonnais Pierre Biscop et Charles André qui assuraient le suivi du chantier.

La recherche de la fonctionnalité et la mise à profit des contraintes de l’environnement ont conduit l’architecte à une proposition originale s’écartant des compositions académiques traditionnelles en faveur dans les constructions scolaires et universitaires du moment.

Ainsi, en raison du Mistral, les façades Nord ont été maintenues très fermées, l’accès principal du bâtiment se faisant par un porche formant sas et dont le mur courbe protège du vent.

C’est cette même raison, et l’ensoleillement qui ont conduit à créer des patios partout où cela était possible et où le besoin de calme et de fraîcheur s’imposait.

La distribution des fonctions autour d’un noyau central affecté aux services généraux et à l’accueil donne un plan typique, en « ailes de moulin », composé d’éléments spécifiques ; l’aile des salles de classes en particulier est organisée en unités séparées par autant de patios, reliées par un couloir de circulation central.

Un ensemble socioculturel et sportif a été conçu pour être accessible directement à des personnes étrangères à l’établissement, sans nuire à la vie des élèves. Ainsi sur l’entrée Nord, s’ouvre l’amphithéâtre prévu pour des fonctions multiples, cours, cinéma, théâtre, conférences publiques.

JPEG - 55.8 ko

Dans cette architecture –aux citations formelles très proches des formules de Le Corbusier au Monastère de la Tourette (Eveux 56-59)- , l’ambiance a été crée par opposition de volumes, de surfaces –pleins et vides- et de matériaux –béton brut, parpaings peints, enduits rustiques, bois, verre, etc.
Les façades volontairement dépouillées, laissent les matériaux s’exprimer franchement : à l’intérieur comme à l’extérieur, les voiles, poutres, poteaux, sont en béton « brut de décoffrage » avec des jeux de planches, témoins de la technique de construction.

La protection des surfaces vitrées contre le soleil est particulièrement efficace : rythmées de brise-soleil de béton moulé préfabriqués soigneusement adaptés aux orientations et aux fonctions des locaux à abriter.

Les choix formels ne relèvent pas seulement d’un exercice de style. L’esthétique « brutaliste » de cette construction est associée constamment à une recherche de solutions donnant une bonne valeur d’usage, pour la communauté scolaire destinataire.

Ainsi, la référence à l’architecture du Monastère de la Tourette ne demeure-t-elle pas seulement formelle, mais s’accompagne-t-elle d’une signification artistique et culturelle, associant rudesse apparente et sophistication d’une référence à l’œuvre d’un architecte célèbre du 20ème .

G. RECUBERT